Qu'est-ce que la parentalité bienveillante?
L'encadrement bienveillant, c'est offrir à l'enfant un cadre clair et constant, et accueillir ses émotions sans plier sur la consigne. Explications et exemples concrets.
Dans les dernières années, on a beaucoup entendu parler de l’encadrement bienveillant et de la discipline positive, mais qu’est-ce que c’est exactement? Offrir un encadrement bienveillant, positif, ou sécurisant à un enfant, c’est tout simplement lui offrir un cadre dans lequel il peut agir librement. Lorsqu’il sort du cadre, il a des rappels ou des conséquences. Jusque-là, c’est assez simple. Le défi réside ici : le faire de façon bienveillante et positive.
Dans un monde où le négatif prime souvent, où on sait ce qu’on ne veut pas mais peine à mettre des mots sur ce que l’on veut, il peut être difficile de mettre en place un encadrement sécurisant, bienveillant et positif. On va se le dire, le monde va vite. La pression est présente, on perd patience, on se fâche, on hausse le ton. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas tenter une parentalité plus positive et bienveillante.
Dire ce qu’on attend, pas ce qu’on refuse
Ce qu’on entend par « discipline positive », c’est surtout de mettre l’accent sur ce qu’on attend de l’enfant, plutôt que sur ce qu’on ne veut pas. Par exemple « Alexandre, les crayons vont sur le papier pour dessiner » plutôt que « Alexandre, ne mets pas tes crayons dans ta bouche ». Dans le premier exemple, on dit clairement à Alexandre ce qu’on attend de lui; dans le deuxième, on lui dit seulement de ne pas les mettre dans sa bouche. Où est-il censé les mettre? Sur la table? Sur son bras? Par terre? Sur le mur? Les lancer?
Lorsqu’on parle en négation à un enfant, on attend de lui qu’il sache déjà ce qu’il devrait faire. Avec un grand, c’est souvent le cas, mais avant 5 ans, les enfants sont en apprentissage. On DOIT leur dire quoi faire et comment le faire.
Imaginez arriver dans un nouveau travail et votre employeur vous dit : « Voici votre bureau. Ne montez pas dessus. Ne restez pas jusqu’à 20 h. » Ok, mais par quoi suis-je censé commencer? À quelle heure dois-je quitter? À quelle heure est le dîner? Vous devriez vous aussi procéder par essais-erreurs à ce moment-là, et très certainement vous faire dire quelques fois que vous n’avez pas fait la bonne action.
Un cadre clair et constant
Alors comment bien encadrer son enfant selon les principes de parentalité bienveillante et positive? Tout d’abord : lui offrir un cadre clair et constant. La constance est la clé avec les enfants. Avoir les mêmes règles, la même routine quotidienne, être constant et cohérent dans nos consignes… C’est ce qui crée un cadre sécurisant pour notre enfant.
Constance
Être constant ne veut pas dire ne jamais déroger de la routine. Sortir du train-train quotidien est aussi important pour les enfants que pour nous, mais la constance dans certains repères importants viendra sécuriser l’enfant.
Par exemple : vous partez un weekend en camping. Évidemment, les heures de dodos et la routine ne seront pas les mêmes qu’à la maison, mais on peut maintenir certains éléments : l’histoire avant le dodo, le toutou important. L’ordre des choses : souper, douche, pyjama, brossage de dents, histoire, dodo. Ces éléments permettront à votre enfant de se repérer dans le temps, et ainsi d’être plus sécure dans son environnement.
Cohérence
Être cohérent, c’est faire du sens. Comme on dit, les bottines doivent suivre les babines. Si on dit à son enfant de ne pas marcher avec sa brosse à dents dans la bouche, on ne devrait pas nous-même marcher lorsqu’on se brosse les dents.
Clarté
Nos règles et nos demandes doivent être claires pour nos enfants. Ils ne peuvent pas faire une action ou écouter une règle qu’ils ne comprennent pas. Avec les plus jeunes, on mise sur une règle SIMPLE (une seule consigne à la fois) et formulée au positif : « les souliers restent sur le tapis d’entrée », plutôt que « on ne met pas ses souliers dans la maison ».
Maintenir ses consignes
Une fois que le cadre est clair et constant, on doit maintenir ses consignes. Quand notre enfant atteint le 2 ans, il est facile de se laisser prendre dans ses talents de fin négociateur qui pourrait convaincre la mouette de lâcher sa frite. Cependant, ce qui arrive dans la tête de notre toddler quand on cède à une demande à laquelle on avait dit non, c’est : Oh! Si je négocie, je peux quand même avoir ce que je veux! Les consignes ne sont que des suggestions!
Résultat, plus on négocie, plus on perd de notre autorité, plus on doit tomber dans les conséquences (un autre article sera à venir sur celles-ci). Personne ne veut argumenter avec son enfant, vivre des crises, se fâcher, lever le ton, et devoir mettre son enfant en punition. Personne. J’te le dis.
Donc, si on veut avoir la parentalité la plus douce et bienveillante, ça implique d’avoir la main de fer dans un gant de velours : bien choisir ses règles, mettre nos attentes au clair avec nos enfants avant une activité, utiliser des mots simples, et accueillir avec empathie les émotions qui découlent de nos refus.
Accueillir la tempête (le fameux gant de velours)
Ce fameux « gant de velours », c’est notre capacité à valider la déception de l’enfant sans pour autant plier sur la consigne. Dire non à un biscuit avant le souper, c’est la main de fer (le cadre). Accueillir la crise de larmes qui s’ensuit en disant : « Je sais, tu es déçu, tu aurais vraiment aimé manger ce biscuit, c’est difficile d’attendre », c’est le gant de velours.
On ne change pas la règle, mais on valide l’émotion. Il y a un grand mythe autour de la parentalité positive : beaucoup pensent que c’est l’absence totale de frustration pour l’enfant. C’est faux! La bienveillance, c’est d’enseigner à notre enfant à gérer et tolérer cette frustration dans un environnement où il se sent soutenu, compris et aimé, même quand il est en colère contre nous.
La réparation
On va se le dire (encore une fois!) : aucun parent n’est parfait. Il y aura des jours de fatigue, des matins pressés où l’on cherche la mitaine perdue, des soirées où la patience est à zéro et où le ton va monter inévitablement. Et c’est correct! La parentalité bienveillante, c’est aussi être bienveillant envers soi-même.
L’outil le plus sous-estimé de cette approche n’est pas la perfection, c’est la réparation. Revenir voir son enfant après une tempête et lui dire :
Je me suis fâché tout à l’heure, j’ai crié et je m’en excuse. J’étais très fatigué, mais je n’aurais pas dû réagir comme ça.
En faisant cela, vous enseignez à votre enfant l’une des plus belles leçons de vie : tout le monde fait des erreurs, on a le droit de perdre le contrôle de nos émotions par moments, mais on a la responsabilité de s’excuser et de réparer la relation.
En résumé
L’encadrement bienveillant et positif, c’est offrir à notre enfant :
- Un cadre sécurisant : des limites claires, de la constance et de la prévisibilité.
- Du réconfort : de l’empathie, une écoute active et le droit de vivre toutes ses émotions, même les moins belles.
C’est un apprentissage de tous les jours, un réel entraînement quotidien, mais c’est aussi comme ça qu’on élève les petits humains de demain à devenir bienveillants, empathiques, et capables de manifester leurs émotions sans blesser les autres.
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